Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 05:17

Cher Monsieur,
 
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire votre livre.
Aujourd'hui, il est rare de lire des auteurs capables d'expliquer simplement quels peuvent être les bénéfices de l'économie de marché, ce qui rend votre livre d'autant plus appréciable.
 
Cependant, je dois avouer que j'ai été un peu surpris par le titre de votre ouvrage a posteriori.
 
Naïvement sans doute, je m'attendais à lire une explication du lien entre entrepreneuriat et croissance, couplée de quelques idées pratiques pour dynamiser l'entrepreneuriat Français.
 
J'ai sans doute fait cette erreur en confondant entrepreneuriat et création d'entreprise, et je comprends bien après avoir lu votre livre, que l'entrepreneuriat existe également dans l'entreprise à tous les stades de son développement.
 
Cependant, pour revenir à ma première intuition, selon vous, quelles mesures devraient être prises (par le public et le privé) pour soutenir la création d'entreprise française? Est-il judicieux de lancer de telles mesures dans le contexte économique actuel?
 
Par ailleurs, pensez-vous que l'enseignement supérieur devrait attacher plus d'importance au développement de la fibre entrepreneuriale des étudiants. J'ai, comme vous, usé les bancs de l'Ecole des Ponts et je me demande si par exemple, l'Ecole n'aurait pas intérêt à créer un département dédié à l'entrepreunariat, capitalisant sur les différents savoirs techniques, économiques et financiers qu'elle possède déjà.
 
Je vous remercie d'avance pour votre réponse.
 
JL

Réponse de Xavier Fontanet :

 

Cher ami

 

Merci infiniment pour votre intérêt. Pour un auteur, il n’y a rien de plus motivant que de se rendre compte qu’il a éveillé l’intérêt de ses lecteurs.

 

Vous avez bien compris mon point de vue : l’entrepreneur au sens où je l’entends est aussi bien celui qui démarre que celui qui développe (quelqu’un qui gère une entreprise sans la développer n'est pas un véritable entrepreneur, c’est un gestionnaire).

 

Je dois dire que j’ai une grande admiration pour ceux qui ont démarré des entreprises qui ont duré. Je n’ai pas connu cette aventure. J’ai fait grandir les entreprises dont j’étais responsable, mais, jusqu’ici, je n’ai pas eu l’expérience d’un démarrage de zéro.

 

Que faire pour favoriser l'entreuprenariat? La chose la plus importante est de s’assurer que les entrepreneurs sont récompensés s’ils réussissent. Ceci conduit tout droit à la fiscalite : une fiscalité trop élevée décourage, quoique l'on puisse dire, la création d’entreprise.

Pourquoi donc se fatiguer si on se fait spolier quand on a réussi ? C’est pour cela que je suis combatif sur le coût, à mes yeux excessif, de la sphère publique qui conduit à des prélèvements obligatoires dissuasifs (voir le misery tax index fait par le magazine Forbes où la France est championne du monde des impôts).

 

 La preuve de tout cela, et les Français l'ignorent trop souvent, ce sont les départs d’entrepreneurs. Le sujet est tabou mais il est pourtant bien réel : la France perd tous les jours des talents. Les historiens vous diront que cela dure depuis longtemps (la saignée a commencé sous Louis XIV !) mais le mouvement semble s'accélérer.

L'esprit d'entreprise est certainement un talent inné que l’on trouve partout dans la société. On peut en revanche aider les entrepreneurs à se développer en créant des conditions aptes au développement notamment un climat de confiance (lisez miracle en économie de Alain Peyrefitte). Je ne crois pas par contre que l’Etat puisse générer des entrepreneurs. Son rôle est de créer un cadre permettant l’exercice de la  liberté et d’empêcher la spoliation. La crise actuelle ne va pas dans le bon sens car la fiscalité va augmenter et découragera beaucoup d’entrepreneurs au moment ou on a plus que jamais besoin d’eux.

 

Il faut aussi un esprit de bienveillance vis-à-vis de l’échec. On trouve cet état d’esprit aux Etats-Unis, Là-bas, on accepte que les gens échouent. Du coup, ils n’ont pas peur de se jeter à l’eau.

La culture française méprise ceux qui ont échoué. Cela commence dès l’école. Pour ma part, je me suis toujours évertué à aider les gens à apprendre de leurs erreurs. C’est de mon point de vue aussi important que de récompenser.

 

Ceci dit tout n’est pas noir. Hervé Novelli en lançant le statut d'autro-entrepreneur a fait un travail fantastique: le nombre croissant de créations de sociétés par des jeunes est une excellente nouvelle ! Il y a un vrai phénomène de société très positif.

Par Xavier Fontanet
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Profil

  • Xavier Fontanet
  • Le blog du livre de Xavier Fontanet
  • Economie Entreprise Confiance Mondialisation
  • Professeur à HEC,ancien président d'Essilor. Ponts-et-Chaussées, MIT, il commence sa carrière au BCG puis devient DG de Bénéteau puis directeur de la restauration chez Wagons-lits avant de rejoindre Essilor.

Le livre

CouvC Fontanet 1re

Editions Les Belles Lettres / Manitoba, octobre 2010.

Présentation

  • : Le blog du livre de Xavier Fontanet
  • Le blog du livre de Xavier Fontanet
  • : Actualité
  • : Ce blog a été créé pour répondre à vos questions à la suite de la parution de mon ouvrage "si on faisait confiance aux entrepreneurs". Ce blog est un lien avec les lecteurs. Je répondrai à chacun d'entre eux.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Catégories

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés